Publié dans Racontages de vie

Hôtesse de caisse, un métier comme les autres

(c) L'Express
(c) L’Express

Quand j’étais petite, mon père me disait toujours « Si tu travailles mal à l’école, tu finiras caissière. » Comme beaucoup de monde, il s’agissait pour lui – et pour moi, il ne faut pas se leurrer – d’un sous-métier, accessible aux personnes qui n’ont pas de diplômes, qui ne sont pas très futées. Et pourtant…

J’ai une licence et je suis caissière. Enfin, hôtesse de caisse, ça fait moins péjoratif. Parce que dans la vie, on ne fait pas toujours ce que l’on veut. Que trouver du travail s’avère être difficile et que l’argent ne tombe pas du ciel. Je pensais que ça ne serait que pour une durée déterminée, qu’un job alimentaire, persuadée que j’allais trouver un emploi dans mon domaine. Mais…

Je fais ce métier depuis quatre ans maintenant.

Les choses les plus dures à supporter ? Le regard de certains, celui qui vous fait sentir comme une merde parce que vous êtes de l’autre côté de la caisse. Les impolis, ceux qui ne vous regardent pas, parlent à leur téléphone et ne vous disent ni bonjour, ni merci, ni au revoir, ni merde. Les clients relous, parce qu’il y en a et plein ! Travailler les week-ends et certains jours fériés. Les horaires de fermeture.

Les choses qui deviennent habituelles et qu’on adore détester ? Entendre les mêmes phrases à longueur de journée : « Bonjour, vous êtes ouverte ? » – je vous ferai un article des plus belles perles, un jour, c’est promis ! Connaître les habitudes des gens, savoir que cette personne va mettre un temps infini à ranger ses courses qu’il y ait un ou dix clients derrière elle.

Les choses qui nous font passer une bonne journée ? Un sourire, un merci, un bonjour. Une discussion avec un(e) client(e) qu’on apprécie. Les collègues. Un coucou d’un enfant. La politesse d’un enfant. – J’ai quelques perles aussi, je vous raconterai ça.

Ce métier est dur. Voilà, je l’ai dit, c’est dur. Tout le monde se dit qu’il ne faut pas être sorti de Saint Cyr pour être hôtesse de caisse, qu’un idiot pourrait le faire. Alors je vous mets au défi : retenez plus de quarante codes de fruits et légumes, souriez toute la journée, dites « bonjour madame/monsieur, merci madame/monsieur, au revoir madame/monsieur« , ayez plus de 21 articles minutes, restez debout, portez des packs d’eau ou de bière à bout de bras, demandez de regarder dans les sacs de courses et les caddies, faites attention aux voleurs, rendez bien la monnaie, répondez aux clients qui cherchent un article et surtout, restez polis. Vous ne tiendriez pas une heure !

Alors la prochaine fois que vous êtes en caisse, pensez à ce que je viens de vous dire. Soyez courtois avec la personne en face de vous. Si elle est là, ce n’est pas forcément par plaisir. Peut-être qu’elle a un bac + 3 en journalisme et qu’elle essaie juste de survivre dans ce monde de fou. Souriez-lui, montrez-lui que vous voyez qu’elle existe. C’est peut-être un détail pour vous mais pour elle ça veut dire beaucoup (Merci France Gall).

A.

P.S : Moi, au moins, quand je lis Les tribulations d’une caissière d’Anna Sam, je ris.

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Auteur :

Ne laisse pas ta flamme s'éteindre étincelle après précieuses étincelles, dans les eaux putrides du presque, du pas encore ou du pas du tout. Ne laisse pas périr ce héros qui habite ton âme dans les regrets frustrés d’une vie que tu aurais méritée, mais que tu n’as jamais pu atteindre. Tu peux gagner ce monde que tu désires tant, il existe, il est bien réel, il t’appartient. Tout est possible. Ayn Rand ♥

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